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Corriger la langue dans les travaux des étudiants : quelques réflexions

Je viens de terminer la lecture d’un intéressant article sur la correction de la langue dans les travaux des étudiants. Les auteurs enseignent au Département de didactique de l’Université de Montréal et traitent de la rétroaction à fournir aux étudiants à la suite d’une production écrite.

Ils considèrent la pratique de l’écriture comme un facteur clé dans le développement de la compétence écrite, cela dans toutes les disciplines où l’on exige des travaux écrits. Mais, comment peut-on indiquer aux étudiants leurs erreurs? Je vous transmets l’essentiel de l’information et des réflexions que j’ai glanées dans cet article à ce sujet tout en les adaptant à notre cégep.

Correction complète et correction partielle

Les auteurs font d’abord la différence entre une correction complète et une correction partielle. Dans la correction complète, on relève toutes les erreurs que l’on est capable d’identifier afin que l’élève ait une idée précise de son habileté à écrire. La correction partielle, elle, porte sur un segment du travail. Selon les auteurs, s’il y a trop d’objets de rétroaction, la correction complète est peu génératrice de transformation, d’amélioration des connaissances.

De ce point de vue, la correction partielle est plus susceptible de mener à de réels apprentissages pour autant que les étudiants et étudiantes comprennent les marques de rétroaction et qu’ils peuvent fournir une version corrigée de leur texte. Élément non négligeable : la correction partielle offre au correcteur ou à la correctrice la possibilité de corriger moins mais plus attentivement.

La portion de texte à corriger :

  • devrait être la même pour tous les élèves.
  • devrait varier d’un travail à l’autre : il pourrait s’agir de l’introduction, d’un paragraphe de développement, de la conclusion, des 150 premiers mots, des 150 derniers, ou d’une autre tranche, par exemple de 200 à 250 mots.
  • ne devrait pas être annoncée à l’avance.
  • pourrait privilégier l’orthographe (O) et les accords (G).
  • devrait être clairement délimitée sur la copie de chaque élève avec un stylo d’une autre couleur : il est important de mettre en évidence la correction du français écrit.
  • pour nous faciliter la tâche, les élèves peuvent compter eux-mêmes les tranches de mots et les indiquer dans la marge (tranches de 50 ou de 150 mots).
  • tous les mots sont comptés, y compris les prépositions (à, de, en, etc.), les déterminants (le, l’, ma, ces, etc.) et chaque élément de la négation (ne…pas, ne…plus).
  • La manière de compter les erreurs devrait être bien pensée, en lien avec le département : un mot peut-il contenir plus d’une erreur? Si une même erreur d’orthographe ou d’accord se répète dans le texte, doit-elle être pénalisée à chaque fois ou une seule fois?

Correction directe et correction indirecte

Dans la correction directe, l’enseignant ou l’enseignante indique au-dessus de l’erreur la forme attendue. La correction indirecte, elle, ne fournit pas la forme attendue mais une marque dont la référence renvoie à une catégorie d’erreurs (par exemple, les erreurs d’orthographe lexicale sont indiquées par l’abréviation « O » dans la marge ou au-dessus de la faute). La correction directe n’amène pas l’élève à revoir son raisonnement ou à remettre en question l’état de ses connaissances, alors que la correction indirecte facilite ce questionnement puisque l’élève, grâce à l’information fournie par l’enseignant, doit revoir la forme erronée et trouver, par un exercice de réflexion, la forme attendue la plus plausible. Ce type de correction est généralement plus formateur que l’autre surtout si l’enseignant permet à l’élève de corriger son texte et s’il vérifie les corrections apportées (ici, au cégep, les moniteurs et monitrices du centre Alpha sont habilités à accompagner ce travail d’autocorrection et à le valider, l’enseignant ou l’enseignante n’ayant pas à revoir la qualité du travail d’autocorrection).

Quel type de codage utiliser pour corriger les textes des étudiants?

Si la correction partielle indirecte semble être un choix pertinent, il faut ensuite tenir compte du type de code. Combien de catégories d’erreurs ce code peut-il contenir? Où doit-on coder? Dans la marge? Au-dessus de la faute?

Les recherches ont prouvé que si les enseignants utilisent un codage clair (quelques abréviations significatives) que les étudiants connaissent et comprennent, cela favorise pour ceux-ci la relation directe entre un code (par exemple : le code G et sa référence (G = grammaire : est-ce que le mot enfreint les règles d’accord ou de conjugaison?). La prise en compte d’environ cinq catégories d’erreurs constitue une tâche raisonnable pour un étudiant, qu’il soit en difficulté d’apprentissage ou non.

De ce point de vue, le code privilégié au centre Alpha est simple, concret, explicite. Comme vous le savez, on y corrige les travaux écrits à l’aide de cinq codes : la grammaire (code : G), la ponctuation (P), la structure des phrases (S), l’orthographe lexicale (O), le vocabulaire : (V) :GPSOV.

Pour assurer la cohérence de la correction dans une institution, disent les auteurs de l’article, le système de codage devrait idéalement être partagé par l’ensemble des enseignants et enseignantes qui y travaillent; les étudiants et étudiantes n’auraient plus, alors, à s’approprier différents systèmes de codage d’un enseignant à un autre, voire d’un cours à un autre.

Conclusion

Si, dans nos pratiques pédagogiques, on choisit de corriger les travaux des étudiants et étudiantes en utilisant un système de codage des erreurs, ce système de codes doit être enseigné explicitement, car les étudiants doivent le comprendre afin de pouvoir l’utiliser à des fins d’apprentissage (révision, correction et autocorrection).

Maintenant que l’on comprend mieux l’importance de la rétroaction corrective à l’écrit, quelle serait selon vous, pour notre collège, les pratiques pédagogiques à privilégier? La correction complète ou la correction partielle? La correction directe ou la correction indirecte? Et, si vous choisissez la correction indirecte, la pratiqueriez-vous à l’aide d’un système de codage? Si oui, l’utilisation d’un code commun serait-il un atout pour l’ensemble des enseignants de notre cégep?

Nota bene : les professeurs du département de français utilisent, dans leurs corrections, le système de codes du centre Alpha. Les étudiants connaissent ce système de codes parce qu’il leur a été/est expliqué.

 

Sources
- Daniel Daigle et Ahlem Ammar. « Le codage de la rétroaction écrite : quelques réflexions » inQuébec français, no 168, 2013, p. 64-65.

- Colette Ruest. Corriger une portion de texte. Carl. Site du Cégep de Trois-Rivières : Centre d’apprentissage et de ressources linguistiques.

Chantal Saint-Jarre, poste 7421
Perfectionnement en français pour le personnel enseignant
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